Weird #01

Rédigé par lynao - - Aucun commentaire

Weird, c'est un ensemble de nouvelles horrifiques que j'écris, comme ça, quand l'envie m'en prend. Le but c'est de minimiser le nombre de relectures, d'altérer le moins possible le premier brouillon. Bref, une sorte d'exercice d'écriture.
Ce premier numéro a une histoire un peu particulière; j'étais à un festival de BD, au stand de vente du fanzine local, en pleine nuit blanche, je pensais déjà au concept depuis quelques temps. D'un coup, une étincelle, l'envie subite d'écrire quelque chose, je pris mon carnet, commençai à griffonner quelques mots… une ellipse plus tard, le texte suivant était né. Alors voilà, ça date de quelques mois, j'ai pas beaucoup d'autres textes dans les placards mais je me suis dit que quand même, faudrait bien que je le publie avant de le perdre.

Oh, un dernier conseil avant de partir ! Si vous êtes sensibles à certains sujets, vous devriez regarder les tags avant de cliquer, histoire de vous éviter un mauvais moment.

weird \ˈwɪə(r)d\

    Singulier, étrange, bizarre.

Essence suicidaire

Il était évident qu’il ne savait pas où il se trouvait.

Une force, je viens de sentir une force passer à côté de moi, ou plutôt non, en moi. Mon dieu, je viens de voir une formidable vapeur de constellation de savoir, d’une couleur indescriptible, conceptuelle, jamais le langage humain n’aurait pu le capturer. J’approche maintenant du rideau, l’Étendu se trouve juste derrière. Je ne peux l’expliquer, je le sais, c’est tout. Je suis appelé, comme tous les êtres spirituels. L’âme n’existe pas, c’est un mensonge des êtres humains, comme une interface agréable à utiliser pour cacher la complexe mécanique de l’essence vivante. Évidemment, ces concepts sont ridicules. Personne n’existe, rien n’a été créé, pas même l’illusion.

Je me souviens, je me souviens de cet état, totalement nihiliste, cette impression de connexion au tout, ce désespoir engendré par la Vérité. Ce n’était pas la première fois, je connaissais très bien cette expérience, j’y suis juste resté trop longtemps. Désespoir mais aussi envie de pousser plus loin, savoir ce que cela cachait. Alors j’ai libéré mes chairs, libéré mon sang. Le suicide était la seule voie possible.

Devant moi se trouve l’Impossible, indicible, irréfutable, inhérent à l’Étendu. La vie n’est qu’une facette du Monde, la mort un moyen d’y avancer. Une chose est sûre : personne n’en est jamais revenu. Maintenant, je sais. Je sais ce qu’il y a à savoir. Je sais ce qui se trouve bien en évidence dans l’ombre. Je sais ce que la science sait. Je sais ce que la religion ignore. Et je peux le partager, avec tous. Parce que je fais partie de l’Essence.

Je le vois là, présent devant moi, je l’ai reconnu, il m’apparaît maintenant sous sa vraie forme, tel qu’il a toujours été, celle qu’il n’a jamais porté parmi nous.

Tout bouge, le changement est inévitable, la métamorphose est fixée, comme tout. Un changement immuable. Une immobilité mouvementée. C’est ce qui définit tout. C’est ce que nous sommes. Le libre arbitre déterministe, le destin incertain.

Si certains auteurs ont tenté de percer le mystère de la connaissance et du Monde, jamais ils ne purent réussir à le faire de leur vivant. Le seul chemin possible est celui que nous empruntons tous : la mort. Une outil étincelant, brillant de mille feu. Nous permettant de redéfinir le monde tel que nous le voyons. Et pourtant, tout ceci nous pouvons le percevoir lors de notre ridicule passage sur Terre. Ou d’autres planètes.

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